Foutez le camp !
notation: +4+x

Ses oreilles sifflaient.
Il ouvrit les yeux.
Cela faisait… deux semaines qu'il était ici ?
Il avait perdu le compte à un moment, mais il s'était arrêté à deux semaines.
La lumière blafarde d'un néon accroché au plafond éclairait faiblement la pièce.
Il se trouvait dans une salle cubique, certainement dans un sous-sol.
Les murs et le sol étaient d'un béton sale, taché de sang.
Cette pièce n'était pas nettoyée souvent, il en était sûr.
L'odeur de chair pourrie et de moisissure n'était pas là pour le contredire.
"-On reprend." Entendit-il de derrière lui.
Il ferma les yeux.
Comment supporter le plus longtemps possible la torture ?
S'enfermer dans sa tête.
Rester cloîtré dans un souvenir fort, lointain, et sans rapport avec la situation actuelle.
S'éloigner au maximum de la réalité.
Il sentit l'eau fouetter sa peau.
Ça reprend.
Puis, il sentit le métal froid collé à son torse.
Son esprit était déjà loin quand l'électricité parcourait son corps.

"-Papa, viens voir ! Criait-il.
-Quoi ?" Dit son père d'une voix traînante, la bouche pâteuse.
Il a encore bu…
"-Viens, c'est l'heure de l'entrainement ! Dit-il d'une voix joyeuse.
-Encore ? Allez dépêche-toi, j'ai pas que ça à foutre."
Fut un temps où son père était un escrimeur respectable et respecté.
Puis, il avait pris sa retraite, et avait sombré dans l'alcool.
Jeffrey était dans un petit gymnase.
Sur sa droite, un espace vide avec des pantins de bois dispersés un peu partout et des punching-balls. Sur sa gauche, une étagère où reposait du matériel d'escrime.
Il prit une rapière, et s’entraînait, comme à son habitude.
À une époque, son père aurait été actif, l'aurait conseillé, aurait montré comment faire.
Mais non, il était juste là, assis.
Il buvait, comme toujours.
Jeffrey s’entraînait quand il vit du coin de l’œil son père se lever.
Il se tourna à sa gauche pour apercevoir son père qui quittait la pièce.
Il enlevait ses protections, prêt à aller voir où son père était parti, quand il entendit un hurlement.
Maman !
Il quitta la pièce en courant.

Il arrivait en bas de l'escalier.
D'ordinaire, la cuisine était un endroit plutôt agréable à l’œil.
Une baie vitrée laissait entrer la lumière, et la pièce avait une apparence moderne qui ne lui déplaisait pas.
Mais les meubles, inconditionnellement propres, étaient sales aujourd'hui.
Du sang.
Il voyait son père debout, une épée d'entrainement en bois à la main.
Il fit le tour du comptoir, et découvrit sa mère, étendue par terre.
Son cou était tordu, sa tête formait un rictus effrayant, mélange de peur et de douleur.
Elle ne criait plus, ne bougeait plus.
Ne parlait plus, ne vivait plus.
Des images défilèrent dans sa tête.
Toutes les fois où il avait entendu sa mère crier.
Toutes les fois où il l'avait vu supplier.
Toutes les fois où son père avait frappé.
Il entendit une dernière parole.
Un hurlement de son père, qui s'acharnait sur ce qui auparavant était sa mère.
"-Connasse !"
Il ne réfléchissait plus.
Il n'entendait plus.
Il ne voyait plus.
Il leva le bras, abattit sa rage sur ce qui avait un jour été son père.

Il reprenait ses esprits.
Il sentit un choc violent contre sa mâchoire.
"-C'était quoi tes ordres Nightblade ?! Hurlait l'un des gorilles qui le torturaient depuis ce qui semblait être une éternité.
- Je peux pas donner ce genre d'informations, et encore moins à un clébard comme toi." Dit-il en crachant au visage de son interlocuteur.
Il se prit un autre coup, dans le nez cette fois.
"-Tu vas nous dire, à la virgule prêt, ce qu'étaient tes ordres en venant ici, et tout ce que tu sais. Reprit l'homme d'une voix forte, sans appel.
-Ça risque d'être compliqué !" Le railla Jeffrey.
Une nouvelle fois, il fut aspergé d'eau.
Et c'est reparti.
Une nouvelle fois, Il repartit dans les limbes de sa mémoire, tandis que son corps convulsait sous l'effet de la douleur et de l’électricité.

Il était assis au comptoir d'un bar miteux.
L'endroit était plutôt bruyant, mal éclairé par quelques ampoules au plafond.
La bière était dégueulasse.
Mais ce n'était pas n'importe quel bar, c'était le Immortal Conquerant.
C'était un bar comme les autres de jour, mais c'est dans la cave que les combats de rue étaient organisés.
À coté de lui, un homme.
Pas n'importe qui, Alfred Moon.
Cet homme était son seul ami dans ce monde hostile.
Ce soir, c'était à Jeffrey de se battre.
Jeffrey avait un ratio nul, littéralement.
Les combats se faisaient en deux fois.
Le premier était le lundi, le deuxième le jeudi.
La victoire au final était accordée à celui qui remportait le deuxième, mais le premier était compté quand même s'il y a égalité.
Mais dans ce cas, à quoi servait le premier ?
Casser une jambe pour gagner le second combat d'office, intimider l'adversaire, s'échauffer…
Chacun mettait à profit ce premier combat.
Jeffrey, lui, avait une approche plus stratégique.
Le lundi, il se laissait faire, se retenait, prenait les coups, et observait les habitudes, les stratégies, les techniques de son adversaire.
Le jeudi, il se battait vraiment.
Cette méthode lui avait valu le surnom de "Revenge", car il perdait toujours volontairement le premier combat, et gagnait le deuxième.
L'heure approchait, il devait y aller.
Aujourd'hui, on était jeudi.

Il était debout, adossé a un mur, dans la ruelle sombre adjacente au bar.
Il essuyait le sang qui coulait de sa mâchoire.
Il attendait Alfred, qui était parti récupérer les gains.
"-Salut Al. Dit-il.
-Salut, dis-moi, t'as déjà pensé à mettre tes talents au combat à profit ? Demanda ce dernier.
-Bah c'est ce que je fais, non ?
-Je veux dire, vraiment t'en servir, pour être utile, pour faire le bien, pas pour te faire massacrer chaque lundi et manquer de buter un mec chaque jeudi.
-Je vois où tu veux en venir, mais je suis pas sûr que ça soit possible.
-Tu as déjà entendu parler de l'Insurrection du Chaos ?
-C'est quoi ça, une secte ?
-Pas tout à fait…"
Après ça, les choses s'étaient accélérées pour lui, il avait rejoint l'Insurrection, découvert l'anormal, créé NightWatch, tué Moon, reformé NightWatch, rencontré Sonya…
Sonya
Il l'aimait.
C'était tout ce qui comptait pour lui.
Sans elle, le reste n'avait aucune valeur.
Elle était sa raison de vivre.
Il ne devait pas lâcher.

Il revenait à la réalité, quelques instants.
Il se faisait frapper par le colosse, encore
"-Tu sais tu devrais penser à te renouveler, tu fais que frapper." le railla t'il
Il referma les yeux.
Sonya
Il en avait fait des opérations avec elle.
Ils avaient eu une existence mouvementée.

Les ténèbres régnaient autour d'eux.
Enfin, c'est ce qu'il supposait.
Sonya avait relevé la mèche qui lui cachait l'œil droit.
Il l'observa un instant.
Ravissante.
Ils étaient allongés dans le noir, sur un plateau.
Ils devaient attaquer un site de la Fondation en montagne.
L'endroit n'était pas propice aux attaques, donc ils avaient été envoyés.
Ils devaient attendre encore 7 minutes avant d'attaquer.
"-On doit y aller. Lança-t-il.
-Ouais, go !" Répondit-t-elle
L'espace d'un instant, leurs regards se croisèrent.
Avec le temps, ils avaient appris à communiquer sans communiquer.
Pas de gestes, ni de paroles.
Simplement une connaissance parfaite des tocs et des expressions faciales et corporelles de l'autre.
Et aussi beaucoup d'empathie.
Leurs regards ne s'étaient croisés qu'un instant.
Cela suffisait.
Ils commencèrent à marcher, cote à cote, vers cette forteresse imprenable se dressant au milieu des montagnes.

Ca avait merdé.
Putain.
Tout se passait comme prévu.
Ils avaient infiltré la base, ils avaient tué les gardes sur le chemin, ils avaient récupéré les informations qu'ils cherchaient.
Mais, un gars de l'EIT avait fait du bruit en butant un garde.
Et là, c'était parti en couille.
Y avait d'abord eu les alarmes.
Puis, les lumières.
Puis, les gardes.
Et pire encore, il avait été séparé de Sonya.
"-Je vais niquer l'électricité avant que ça soit trop la merde, on se retrouve dehors. Avait-elle simplement dit.
-Je t'aime" Lui avait il répondu.
Et voilà comment il se retrouvait dans la merde.
Il respira un grand coup.
OK, analysons la situation.
On a réussi à extraire une partie de l'EIT.
L'équipe 2 y est toujours.
Et Sonya est partie à la salle des générateurs.
Donc, elle devrait couper l'électricité.
Et là, ils reprendront le contrôle.
Il fallait tuer ceux qui le voyait, et rester planqué un maximum, commencer à avancer vers les appartements du directeur de site.

Il était prêt.
Il avançait dans le dédale de couloirs qu'il avait appris par cœur avant de venir.
Des murs blancs, des flèches colorées au sol, indiquant la route à suivre pour évacuer.
Il entendit un déclic : La lumière était éteinte.
Je t'aime.
Il commença à se mouvoir, plus rapidement, silencieusement.
Il croisa un groupe d'agents qui couraient.
Ils ne le virent pas. Dommage pour eux.
Il approchait enfin des quartiers du directeur quand la lumière se ralluma.
Il n'y a pas de générateur de secours ici.
Il partit, en sens inverse.
Il courrait, lame au clair.
Il se fichait de faire du bruit, si la lumière était allumée, ça ne pouvait signifier qu'une seule chose.
Elle avait besoin de lui.
Je ne t'abandonnerai pas.

Il ouvrit la porte massive d'un coup de pied.
La salle était peu meublée. Des murs en béton, et des machines.
Il voyait Sonya se battre contre 3 gardes.
Il vit le visage des gardes : Le chef de la sécurité et ses deux seconds.
Il détailla rapidement Sonya : Une longue plaie lui courait sur le coté de la jambe droite, et de nombreuses estafilades étaient visibles, laissant transparaitre du sang à travers les déchirures dans les vêtements.
Voir Sonya dans cet état l’enrageait, mais il devait rester rationnel.
Ils ne gagneraient pas dans ces conditions.
Ces trois clébards ne sont pas un problème, mais y a le reste de la sécurité.
Sonya le vit.
Leurs yeux se croisèrent.
Un seul sens à leurs regards.
Je t'aime.
Les agents aussi l'avaient vu, mais ils étaient déjà occupés avec Sonya.
Jeffrey passa sa main gauche dans sa besace.
Il attrapa les trois couteaux de lancer qu'il possédait.
Il les lança sur le premier agent, qui évita le premier, para le deuxième, et se prit le dernier dans l’œil droit.
L'agent s'effondra au sol.
Un de moins.
Rapière en main, il fonça.
Tout en gardant à distance le chef de la sécurité, les assauts répétés de Sonya et de Jeffrey eurent raison de la garde du deuxième agent, qui se retrouva vite désarmé, une rapière en travers de la gorge, et un couteau dans l’œil.
Jeffrey regarda Sonya et l'embrassa rapidement.
"-Repose toi un peu, je m'occupe du chef des clébards."
Sonya trancha la gorge de l'agent qui avait encore le couteau de lancer dans l’œil, et se laissa glisser au sol, adossée au mur.
Jeffrey se retournait vers le chef.
"-Général clébard, m'accorderez vous cette danse ?
-Toi, t'as un problème dans ta tête… C'est un putain de combat. Dit-il, en s'élançant.
-Pffff… Même pas capable de m'offrir une valse valable. Se lamenta Jeffrey, railleur, en esquivant la charge.
-Mais tu vas la fermer et te battre ? Pesta le général, se retournant et repartant à la charge.
-Sonya, il n'y a qu'avec toi que je m'amuse, c'est définitif… Cette incompétence me consterne. Soupira Jeffrey, exagérant au maximum ses esquives.
-Tu rigoles bien, mais j'ai salement charcuté ton agent, et c'est ton tour ! dit il, en repartant à la charge.
-Premièrement, tu vas perdre, et tu le sais. Débuta Jeffrey. Ensuite deuxièmement, blesser un de mes agents, c'est me blesser, et me blesser, c'est affronter ma colère. Son ton devint soudainement dur, ferme, fort. Et enfin troisièmement, personne ne touche à Sonya. Prépares toi à crever. Il avait arrêté d'esquiver.
Il para la première charge, se baissa, donna un coup de coude ascendant dans la mâchoire du chef, recula d'un pas, redressa sa rapière, et l'enfonça dans la gorge de son assaillant.
"-Je t'avais prévenu, clébard." cracha-t-il.
Il éteignit la lumière.
"-Tu vas bien ? demanda-t-il, inquiet.
-Je peux marcher sans trop boiter, mais faut pas s'attarder."
Elle était couverte de sang, pas que celui des ennemis, et la plaie à sa jambe avait l'air plus profonde que ce qu'il avait vu de premier abord.
"-Nous sommes l'armée, le murmure, la mort. Commença-t-il.
-Nous sommes ceux qui viennent des ténèbres." termina-t-elle.
Ils s'embrassèrent, il la prit sous l'épaule, et ils se dirigèrent vers la chambre du directeur.

Après ça, tout s'était enchainé.
Des opérations, toutes réussies, souvent sans problèmes.
Durant certaines opérations, il avait du faire des sacrifices.
Il serait volontiers mort une dizaine de fois pour sauver la vie d'un agent.
Il serait mort un milliard de fois pour sauver la vie de Sonya.
Et un jour, il avait reçu une cible extrêmement complexe.
Un site de la Fondation avait été créé pour résister à tout type d'attaques.
Et il était sans faille, ou presque.
Le plan était là.
Nightblade s'était fait capturer en essayant d'attaquer la base.
Et il avait été torturé pendant presque trois jours, puis, les renforts étaient arrivés après que la Fondation ait baissé sa garde.
Sauf que ça faisait au moins deux semaines, et personne n'était venu.
Il avait perdu espoir, mais il s'accrochait.

Il releva la tête.
La lumière s'était éteinte, ils étaient dans la pénombre.
"-Bon, Nightblade je vais te laisser une dernière chance avant de crever, parle ! Le menaça l'autre connard.
-Bon, OK, vous allez tout savoir, mais je suis pas sûr que vous appréciez ce que je vais dire."
Son geôlier ouvrit la porte, sortit, et alla chercher un magnétophone.
Une trentaine de secondes après, il referma la porte derrière lui en entrant.
Il appuya sur les touches du magnétophone, et lança l'enregistrement.
"-Alors, pour comprendre ce que je fous là, faut remonter à la création de l'unité NightWatch. Au début, on était une unité normale, dont j'étais le cofondateur. Puis un jour, l'autre fondateur a trahis l'insurrection, et tout NightWatch s'est fait décimer. Il ne restait que Sonya et moi. Les autres étaient morts. Alors on a du revoir notre stratégie, et on a modifié grandement l'organisation de l'EIT NightWatch.
-C'est à dire ?
-On a refait une hiérarchie, on a revu notre manière de penser, et je suis allé menacer le binoclard qui donnait les ordres.
-Qui est Sonya, et c'est quoi NightWatch ?
-Alors, Sonya est une personne que j'ai entraîné moi-même, et qui est aussi forte que moi maintenant. Et NightWatch est une petite équipe spécialisée dans l'infiltration de nuit, et l'assaut discret. Pour faire notre travail on utilise les Larmes de Lune.
-Les Larmes de Lune ?
-Des gouttes pour les yeux anormales, qui donnent une nyctalopie temporaire à ceux qui les utilisent. Une goutte suffit pour tenir plusieurs heures, mais sur le long terme, les Larmes font perdre la vision des couleurs. Pendant l'opération dont je parlais juste avant, j'en ai pris une grande quantité dans les yeux, et depuis, j'ai des iris argentés, et une nyctalopie parfaite de l'œil gauche, et une partielle de l’œil droit. Aussi, je ne vois qu'en nuances de gris de l'œil gauche, et des couleurs ternes à droite. Ah et au fait."
Le gorille buvait ses paroles.
Parfait.
"-Quoi ? demanda l'abruti en face.
-Vous auriez du allumer la lumière.
-Pardon ? Demanda le gorille, en se retournant d'un coup vers la porte.
-Il est à moi, je veux que tous ces enculés restent vivants, je veux m'en occuper moi.
-Tu as perdu la tête, on y est allé trop fort on dirait. Bref, parle-moi de tes ordres !"
Ce fut les derniers mots que le gorille prononça.
Il se prit un coup violent dans la nuque.
"-Ça fait combien de temps ? Demanda Jeffrey à Sonya.
-Que tu es là ? Trois semaines.
-Ah ouais, j'ai arrêté de compter les secondes quand je suis arrivé à deux semaines.
-Tu t'ennuyais à ce point ?
-Depuis que Alètheia m'a entrainé, j'ai l'impression d'être dans une salle d'attente. Quand ils font ces trucs."
Il mentait, elle se savait.
Il était pas en bon état.
Elle le détacha.
Il se leva d'un coup, puis retomba sur sa chaise.
"-Merde, bon, il va me falloir un peu de temps pour reprendre mes esprits, c'est rien"
Le tressaillement de sa voix ne trompait pas, tout comme son regard.
Ces yeux d'habitude si inexpressifs laissaient transparaître ses émotions.
"-Sois honnête, je sais que tu mens, qu'est ce qu'il s'est réellement passé ?" Demanda-t-elle
Il la regarda dans les yeux.
Les mots ne permettent pas de raconter ce qu'il s'est passé.

"-Tes affaires sont dans un carton sur le bureau juste à coté.
-Parfait merci."
Il alla récupérer sa veste, sa rapière, ses couteaux.
Quand il revint dans la pièce, les rôles s'étaient inversés.
Il n'était plus attaché.
Il n'était plus le torturé.
Il ne souffrait plus.
Assis sur la chaise face à lui se trouvait le gorille.
Il le gifla, et celui-ci se réveilla.
"-Putain, mais pourquoi Grell nous a pas prévenu qu'ils venaient ? Gueula le gorille.
-Merci pour l'info, maintenant je sais qui a balancé. Ah et au fait, tu te souviens quand tu me demandais mes ordres ?
-Oui ? Répondit le gorille, d'une voix tremblante, terrifié à l'idée de ce qui l'attendait.
-Je n'aurais jamais pu te répondre. Il faut savoir un truc, NightWatch ne reçoit pas d'ordres. Nous ne sommes pas des clébards comme vous, on nous donne une cible, c'est tout. Les instructions sont pour les toutous bien dressés comme vous. Et c'est pour ça que tu pouvais demander pendant longtemps, et c'est aussi pour ça que tu ne pouvais pas savoir quand ils allaient arriver. Nous sommes ceux qui viennent des ténèbres, personne n'annonce notre venue, personne ne nous sent approcher, nous apportons la mort avec nous. Ah et au fait, ce séjour était très instructif.
-Comment ça instructif ? Tu as cru que parce que tu avais pu être sauvé, tu avais vaincu la Fondation entière ?
-Alors, vaincre la Fondation non, c'était pas mon but. Par contre, quand la plus grande menace qui pèse sur vous est capturée, et que vous ne voyez aucune autre menace, vous baissez votre garde, et c'est là que la mission commençait.
-La mission ?
-Vous avez réussi à capturer Nightblade. Super, mais il vous manque un élément crucial du puzzle. Nightblade est le nom de code que j'utilise pour les missions d'infiltration exigeant la capture d'un agent. Mon vrai nom de code est Revenge.
-Quoi ? PUTAIN ! ENCULÉ !"
Jeffrey prit le seau d'eau dans le coin de la pièce, et le vida par terre.
"-Pas d'eau pour toi."
Son ancien geôlier hurlait, suppliait, pleurait…
Jeffrey accrocha les bandes de métal au torse de son geôlier.
Il activa le courant.
Il alla rejoindre Sonya dans la pièce adjacente.
"-Désolée que tu aies du subir ça… S'excusa-t-elle, les larmes aux yeux.
-Ne pleure pas, ce n'est pas grave. J'ai tenu le coup, et tu m'as sauvé, c'est l'important.
-Ça devait durer trois jours, mais y a eu des imprévus, on…" Commença-t-elle
Il défit son masque, et l'embrassa.
Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, les visages si proches, puis, ils se séparèrent.
"-Je t'aime, le reste ne compte pas.
-J-je… Je t'aime, et je suis désolée."
Ils s'embrassèrent de nouveau.

Jeffrey titubait légèrement, soutenu par Sonya.
Derrière eux, le Site était déjà loin.
Ils devaient se dépêcher s'ils voulaient vivre.
Chaque site de la Fondation dispose d'une ogive nucléaire qui s'active en cas de brèche majeure.
Cette ogive, au cas où le système d'auto-activation était endommagé, était activable manuellement, si l'on entrait la flopée de codes.
Et l'emplacement de l'ogive était tenu secret.
Ils avaient récupéré les informations qu'ils voulaient, les codes, l'emplacement.
Ils étaient hors de la zone d'effet des radiations, et il restait 3 minutes.
Ils s'assirent dans l'herbe, collés l'un à l'autre, tandis que soufflait une légère brise rafraichissante, sûrement du au souffle de l'explosion déchirant l'horizon.
"-Je rendrai sa lumière à ton regard. murmura Sonya
-On parie que je peux te refaire sourire ?" Répondit Jeff

Sauf mention contraire, le contenu de cette page est protégé par la licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 License