L'ordre naturel des choses
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Enfin.
La réussite qu'il attendait depuis tant de temps lui ouvrait enfin les bras.
Enfin, ouvrir les bras…
Il lui avait brisé les épaules, les coudes et tous les os des bras pour la forcer à l'enlacer, mais seul le résultat comptait, non ?
Il posa ses rangers encore couvertes du sang des soldats morts dans la nuit sur le bureau face à lui.
Ce bureau, et le poste auquel il était rattaché, étaient maintenant siens, après tant d'épreuves.
Il sourit, et repassa dans sa tête son chemin vers le triomphe.

D'abord, il lui avait fallu passer lieutenant de son unité.
Son talent dans le maniement d'armes légères n'avait pas été de trop.
Il lui avait fallu 9 mois après son arrivée le jour de ses 21 ans pour atteindre ce grade.
Ensuite, il avait doublé ses armes, et avait toujours deux mitraillettes de poing ou deux pistolets dans les mains, et il avait dû lécher les bottes de ce foutu commandant avec ses idéaux de paix pour passer général.
Une semaine avant ses 23 ans, il était général, après que le précédent troisième général se soit fait tuer sur le champ de bataille, d'une "balle perdue".
Tuer le second général s'était révélé être chose aisée : peu de temps après la mort du troisième général, il était dans l'équipe de protection du second général.
Résultat, un mort de la main de l'ennemi en pleine bataille.
Le premier général se méfiait, la mort de ses deux subordonnés en moins d'un mois était pour le moins suspecte, mais celui-là, il était mort de lui même en marchant sur une mine ennemie qui n'avait malencontreusement pas été repérée lors du balayage préliminaire du terrain.
En deux mois, il avait éliminé ceux qui lui bloquaient la route, et il était aux portes du commandement.

Son subordonné direct, qui était donc à ce moment là second général, ça avait été à lui de le nommer, tout comme pour le troisième général.
Son frère d'abord : cet abruti était pas le plus utile, mais aucune trahison de sa part n'était possible, il était trop fidèle.
Et le troisième général, qui de mieux que sa fiancée ?
Le dernier obstacle qui se dressait face à lui était le commandant.
Ce bougre était assez naïf, mais semblait increvable.
Pendant des mois, il avait tenté en vain la méthode discrète.
Au bout de presque deux ans, il a décidé d'y aller plus simplement.
Le jour des ses 25 ans, une bataille était prévue, dans laquelle il était derrière le commandant.
Même là, cet enfoiré semblait être touché par la grâce divine : aucune balle ne le touchait !
Il avait dû vider un chargeur entier en visant de manière tout sauf discrète, mais ils étaient loin des autres, et il a eu de la chance.

Résultat, un nouveau commandant était à la tête de CaC : lui.
Cependant, un goût amer lui restait en bouche…
Cette bataille lui avait donné ce qu'il désirait le plus : le triomphe, mais en échange, elle lui avait pris ce qu'il avait de plus cher : sa fiancée.
Il était maintenant seul, lui qui avait voulu pendant tant d'années savourer le pouvoir aux côtés de la femme qu'il aime, il se retrouvait seul.

Et comble de la chose : son idiot de frère avait eu pour charge de nommer celui qui deviendrait le second commandant de CaC, et il avait choisi une faible bonne qu'à rabâcher de belles paroles.
Général Line Nita, se fait aussi appeler Dame Line, lieutenant de l'unité de récupération humaine.
Cette unité se chargeait de ramener les blessés et de faire des prisonniers.
Une faible qui n'avait, en 9 ans, fait que 23 morts.
Il fallait qu'il se charge de lui montrer la réalité.
En plus, elle ressemblait atrocement à sa défunte fiancée, il fallait aussi corriger ce problème.
Pour contrebalancer, il avait choisi lui-même le troisième général, un jeune dont la bonne humeur n'est pas une des qualités, mais qui avait l'alléchante particularité d'être excité par la vue du sang, qui réveille en lui un monstre assoiffé de sang et de mort.
La haine était le véritable moteur de cet homme, qui pouvait devenir un atout en cas de besoin.

Son nouveau commandement allait commencer.
Il fallait une mesure dont tous se souviendraient pour marquer le coup.
Il pensa à la masse de faibles, et aux quelques forts qui s'y cachaient.
Il fallait que CaC revoit sa manière de faire.
Au lieu de déguiser les faibles avec un entrainement inutile, car un faible reste faible, il fallait supprimer le surplus de déchets, et ne garder que ceux qui avaient survécu.
Il avait trouvé : laisser crever les faibles.
Fini les stratégies pour optimiser les frappes, on allait juste envoyer une masse d'agents, et ceux qui survivraient sont ceux qui étaient moins faibles que les autres.

Les forts allaient de nouveau pouvoir écraser les faibles en toute impunité, et l'ordre naturel des choses serait enfin rétabli.

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